Pourquoi demande-t-on aux managers de développer leurs soft skills ?

22 Nov 2021

Temps de lecture : 6 min

« A l’inverse des compétences techniques, il n’est pas possible de déléguer aux robots les compétences comportementales » explique Jérôme Hoarau, co-auteur avec Fabrice Mauléon et Julien Bouret du Réflexe Soft skills (Dunod 2014). En entreprise, les soft skills sont par conséquent de plus en plus centrales chez le manager, à qui on demande d’évoluer avec les transformations de la société et de l’entreprise. 

Manager est devenu un job complexe, qui demande rigueur, organisation et implication mais aussi bienveillance, écoute et empathie. Ces soft skills influent directement sur la qualité du management puisqu’elles ont la particularité de créer un contexte favorable à l’engagement, au bien-être des collaborateurs et donc à la performance globale de l’entreprise.

Comment la posture managériale a-t-elle évolué ces dernières années et pourquoi les soft skills sont-elles indispensables pour bien manager aujourd’hui ? Quelles sont les soft skills à détenir pour bien manager ? 

Developper les soft skills des managers

L’évolution de la posture managériale

Une étude du Boston Consulting Group réalisée fin 2020 auprès de 4 000 salariés a montré que ce sont les qualités humaines d’altruisme (considération, empathie, écoute) qui font l’étoffe d’un bon leader aujourd’hui, avant les qualités stratégiques et l’exécution. En effet, alors qu’hier, le bon manager se mettait dans un posture de directivité, il doit aujourd’hui choisir une posture de coach. D’un management directif, on est peu à peu passé à un management participatif, pour plusieurs raisons : 

– L’arrivée de la jeune génération. En cherchant plus d’autonomie et de liberté dans ses missions, la jeune génération a bousculé les rapports à la hiérarchie. 

– La transformation numérique. L’évolution des outils et l’intelligence artificielle remettent en question les pratiques traditionnelles.

– La crise sanitaire et la généralisation du télétravail. Cet événement a pleinement participé à la réinvention du management et a exigé une grande agilité de la part des managers et des collaborateurs. Les postes hybrides et le management en distanciel deviennent monnaie courante.

– La quête de sens. Les collaborateurs cherchent à être plus en phase avec leur travail.

Tous ces changements évoluent vers plus d’autonomie du salarié, de collaboration entre les équipes et de transparence. Dans ce nouveau contexte, les managers se doivent d’être encore plus clairs sur leur vision et les priorités. Il est impératif qu’ils veillent à entretenir le lien social au sein de l’équipe et qu’ils aient conscience des risques psychosociaux. Ils doivent également se défaire de leur volonté de contrôle. C’est une vraie révolution !”, souligne Vinciane Beauchene, directrice associée au BCG. Ainsi, le manager de demain doit être plus engagé et inspirant qu’avant. Il a également des nouvelles priorités puisqu’il joue désormais un rôle déterminant dans l’expérience collaborateur. Il devient garant de la qualité de vie au travail de son équipe et donc des moments clés du parcours collaborateur, que ce soit dans le quotidien professionnel, le recrutement et l’intégration ou le départ du salarié. Par conséquent, le nouvel enjeu pour le manager va être de repérer les talents, de les impliquer et de les valoriser afin de les fidéliser.  Cela implique qu’il doit non seulement gérer des processus de travail, mais aussi animer un collectif. Et pour mener à bien tout cela, le manager doit être capable de donner du sens aux directives et missions qu’il donne à son équipe.

Exit donc le mode commande/contrôle, et place au coach, qui conseille, délègue, aide à surmonter les difficultés et qui considère les collaborateurs dans leur globalité. Dans son livre Les managers porteurs de sens (Insep Editions) Vincent Leenhardt précise : « par coaching on entend l’accompagnement d’une personne ou d’une équipe. […] L’attitude que suppose le coaching est l’attitude commune du manager ou du consultant qui considère la personne ou l’équipe accompagnée à la fois dans son fonctionnement actuel, mais plus encore dans son potentiel en train de se réaliser. Cette approche comporte à la fois une philosophie, une attitude, des comportements, des compétences et des procédures. »

Les soft skills du manager de demain

Face à des collaborateurs de plus en plus nomades et en demande de sens, le manager doit développer des soft skills pour être plus à l’aise dans son rôle de conseiller, de guide et d’accompagnateur. 

Des soft skills comme : 

– l’agilité : pour s’adapter à un monde et des technologies qui évoluent vite, à une organisation du travail hybride (foyer / bureau), à une équipe qui change régulièrement, …

– la bienveillance : se remettre en question, être aimable, poli, respectueux afin de créer un contexte favorable à l’épanouissement des collaborateurs. Une étude publiée dans l’Academy of Management Journal prouve qu’une mauvaise ambiance au travail et l’impolitesse des managers a des conséquences directes sur la productivité du collaborateur.

– la confiance : il est indispensable d’avoir un minimum confiance en soi mais aussi en les autres, surtout dans des périodes de télétravail généralisé où les collaborateurs travaillent de plusieurs endroits. L’idée n’est surtout pas de tracker le collaborateur mais de lui laisser une certaine liberté tout en assurant un minimum de cadre.

– le leadership : manager, c’est déléguer, mais c’est aussi contrôler et prendre des décisions. Le terme manager vient du latin « manus » qui signifie la prise en main. Le manager est donc une personne qui fait des choix, qui embarque son équipe, prend la parole en public, inspire et aide les autres à atteindre leur plein potentiel. 

– la communication : faire des retours, des feedbacks, qu’ils soient positifs ou négatifs, expliquer la vision de l’entreprise pour motiver davantage les collaborateurs. et les embarquer dans une mission collective et une dynamique collaborative. Une communication claire et régulière encourage l’engagement des collaborateurs, qui a des impacts économiques significatifs sur l’entreprise :  une équipe engagée est 17 % plus productive et a un turnover jusqu’à 59 % plus faible qu’une équipe désengagée (Étude Gallup, State of the Global Workplace, 2018).

– la créativité, au sens de créer des connexions entre les sujets, les personnes, les équipes pour répondre à un problème complexe. La créativité ici se rapproche davantage de l’ingéniosité.

– l’empathie ou l’intelligence émotionnelle pour mieux comprendre les besoins des collaborateurs, surtout s’ils travaillent à distance, pour leur attribuer les bonnes missions, déceler un mal-être, un burn-out… Selon cette étude menée par Catalyst, l’empathie d’un manager a un impact direct sur les équipes : plus d’engagement, d’inclusion et d’équilibre entre vie privée et vie professionnelle et moins de turn-over. 

– L’assertivité, qui est tout simplement l’affirmation de soi dans le respect de l’autre… cela aide à garder une posture d’ouverture avec son équipe.

Tous ces soft skills (et la liste n’est pas exhaustive) transforment un manager lambda en un manager inspirant, efficace, agréable et motivant. Mais attention, l’idée n’est pas d’accumuler ces soft skills de manière superficielle. Ce sont des compétences comportementales qui s’apprennent petit à petit, à force de tester et d’expérimenter, en entreprise et lors d’ateliers, de formation. Pour développer ces compétences douces, il est bien sûr préférable d’apprendre en pratiquant car quand on teste nos compétences en direct, on comprend plus facilement l’urgence de changer, d’évoluer, de progresser. 

Une équipe engagée est 17 % plus productive et a un turnover jusqu’à 59 % plus faible qu’une équipe désengagée.

(Étude Gallup, State of the Global Workplace, 2018)

Dans notre nouvelle formation “Adopter la posture manager-coach”, vous apprenez à : 

Vous connaître en tant que manager pour favoriser un leadership authentique

Etablir une relation constructive, positive et de confiance avec vos équipes

– Incarner la posture d’un coach pour accompagner, faire grandir et rendre plus autonome vos équipes

– Inspirer et engager vos équipes vers l’action

Cette formation vous aidera, managers, à répondre aux nouvelles habitudes de travail, à transformer vos attentes en une demande claire, à faire des feedbacks constructifs, à renforcer votre charisme… Cette posture de manager-coach est plus que jamais importante à mieux comprendre et éprouver, quand on sait que le 1er frein à la productivité en entreprise est le mauvais management (Étude ADP, Workforce View in Europe, 2018).